Compagnie des Ecrivains de Tarn-et-Garonne Compagnie des Ecrivains de Tarn-et-Garonne Compagnie des Ecrivains de Tarn-et-Garonne
 
Atelier d'écriture


 

     L’Atelier d’Ecriture continue de se réunir tous les vendredis de 18 à 20 heures. Les participants y mettent beaucoup de bonne humeur et une ambiance conviviale, unis dans un échange d’idées et de mots comme un souverain remède contre l’ennui ou les ennuis. Le grand Voltaire ne disait-il pas (dans L’Ingénu) que « La lecture agrandit l’âme » ? Nous croyons, nous, que l’écriture la rend plus forte.
    Nous nous sommes lancés, cette année dans la rédaction d’un CARNET D’INVENTAIRES. Ambitieux projet lorsqu’on compte tout ce qu’on peut inventorier : les grands et les petits chagrins d’enfants, les lieux inhabitables, les petites injustices subies pendant l’enfance, les plaies et les bosses, les mots qui semblent contenir un secret, les jeux oubliés… Restons-en là, la liste est longue !
    Est-ce que l’Atelier peut vous proposer une petite distraction ? Voici quelques phrases qui « filent à la plume »... Choisissez-en une, prenez un crayon, une feuille de papier et recopiez là ! Ce serait bien surprenant que des mots ne suivent pas et que vous ne finissiez pas par écrire, presque à votre insu, un petit paragraphe. Essayez ! Vous allez vous étonner ! J’étais resté à retourner tout cela dans ma tête…
Je m’appuyais contre le mur et fermai les yeux…
Mon voisin disait des choses absurdes…
Quelqu’un m’interpella d’une voix rauque…
Le temps passait, je ne sais comment…
J’évitais les miroirs et le regard des autres…

           Après la fête, je rentrais par l’escalier de service…

 

 
L'atelier d’écriture continue son chemin et rassemble chaque vendredi, entre 18 et 20 heures, une douzaine de personnes unies par la même envie d’écrire. Les séances suivent un rituel classique : les participants reçoivent, suivant les jours, une ou plusieurs propositions d’écriture.
Lorsque le groupe est prêt à sauter le pas, chacun se met à écrire.
Et lorsqu’il  se met à chuchoter, c’est qu’il est temps de passer à la lecture. Chacun lit alors le texte qu’il vient de « jeter » sur le papier.
Les commentaires sur les textes s’échangent ensuite,  dans une juste pondération, chaleureuse mais exigeante. 
Dans la découverte de ce que l’acte d’écrire peut produire, nous restons fidèles à l’écoute des mots de chacun.
Car écrire, c'est aussi lire et écouter.
Au plaisir d'écrire s'ajoute celui de le partager, de lire et donner à lire des textes riches, drôles, émouvants, qui nourrissent  l’appétit et la fantaisie de chacun.
Et souvent, à la lecture de son propre texte, chacun s’aperçoit qu’à son insu, parfois, il a bel et bien un style.

Présentation de l’atelier :

Tenter de définir un « Atelier d’écriture » est une tâche malaisée tant les deux mots semblent éloignés l’un de l’autre.
« Atelier » fait souvent penser à cet endroit un peu secret, un peu magique où l’artisan se retire avec ses compagnons pour fabriquer -et parfois créer- les objets de la vie quotidienne.
Grâce à ses connaissances (dont je n’ai qu’une faible idée car il conserve jalousement ses « secrets »), le menuisier fabrique ou répare portes et fenêtres de la maison ; il en est de même du cordonnier pour les chaussures de toute la famille, du tailleur pour les vêtements… et nous pouvons prolonger la liste indéfiniment.

 L’atelier d’écriture a ceci de commun avec celui de l’artisan : c’est d’abord un lieu où nous nous retrouvons entre « compagnons », avec nos rituels et nos secrets. Un lieu de partage : du plaisir d’écrire, de lire, de découvrir des textes.  
Les séances suivent un rituel devenu traditionnel : l’animateur procède d’abord à une introduction.
En fait, il s’agit d’une proposition d’écriture  qui peut ressembler tout simplement à une fenêtre ouverte vers l’imaginaire, l’observation ou l’émotion intime. Ces suggestions, aussi variées que possible, invitent les participants à emprunter des pistes curieuses, originales et ludiques. Chacun peut s’en saisir à sa manière : il n’y a pas de contrainte. Nous ne sommes pas à l’école : nous empruntons nos propres chemins. 
Sans attendre, tant l’appétit d’écriture est vif,  chacun se met à écrire.
Lorsque  le groupe commence à chuchoter, c’est qu’il est temps de passer à la lecture.
Chacun lit alors le texte qu’il vient d’écrire.
Un texte tout chaud, quasiment sorti du four.
Tous les autres l’écoutent avec attention et dans le respect de ses opinions et de sa sensibilité.

Collaborer à un atelier d’écriture engage le participant à offrir sa mémoire, ses rêves, et, au-delà de sa propre histoire, plusieurs facettes de sa personnalité. C’est un terrain  d’aventures : les «compagnons» deviennent rapidement  des complices que chaque séance d’écriture rend plus proches. Surtout, le compagnon-écrivant  s’y retrouve lui-même, au fil des textes, inattendu, à la fois inconnu et familier : car on n’écrit pas pour « s’exprimer », ni même pour «communiquer», mais pour  s’inventer ou se reconquérir  un  «soi-même» que l’existence nous a souvent fait négliger. Pour partager une émotion, une observation, un plaisir ou quelques expériences.
La lecture tient une place centrale dans l’Atelier d’écriture.
A la lecture de son propre texte, chacun s’aperçoit qu’à son insu, souvent, il a bel et bien un style. Les  commentaires dans le groupe sont nombreux et primordiaux ; en effet, lire et commenter les textes des autres aiguise un sens critique qui est ensuite reporté sur son propre texte. Ecrire, c'est aussi lire : au plaisir d'écrire s'ajoute celui de partager, de communiquer, voire de communier. Dans l’étonnement toujours de ce que l’écriture elle-même produit, nous restons fidèles à l’écoute des mots de chacun, de sa voix au plus près de lui.
Les thèmes abordés ? Ils sont nombreux et aussi variés que possible : depuis la liste des «premières fois» ou celle des «choses qui doivent être courtes» jusqu’au récit de quelques rêves ou aventures, en passant par la description de son meilleur ennemi ou de son bureau d’écrivain, d’écrivaine… Et chaque fois, l’aventure est loin de se révéler vaine ! Il nous est aussi arrivé d’inventer des mots (mais oui, pourquoi pas ?) et, pour conclure, je vous propose le néologisme «trounoiriser» : trounoiriser, c’est jeter tous ses soucis dans un trou noir. C’est un peu ce que nous faisons, deux heures chaque semaine, le vendredi.